Kenya: Plusieurs articles de la loi anti-terroriste suspendus

La justice Kényane a annoncé vendredi 02 janvier 2015, avoir suspendu des articles « clés » de la loi anti-terroriste controversée. Cette loi très défendue par le gouvernement, avait été élaboré pour protéger le pays contre les attaques des islamistes « Shebab ». C’est au total huit (8) sections de la loi anti-terroriste, qui ont été suspendues, d’après le juge George Odunga de la Haute cour. Celles-ci, ont été jugées par la justice comme des lois ayant des risques d’atteinte aux droits de l’homme.

président kenyan
La justice rejette la loi anti-terroriste de Uhuru Kenyatta

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Parmi les sections suspendues, l’on retrouve celle qui portait atteinte à la liberté de la presse, ceci en rendant passible de trois ans de prison avec paiement de 55 000 dollars d’amende, les journalistes dont les articles ou de reportages ont été publiés sans autorisation et qui « gênent l’enquête ou des opérations de lutte contre le terrorisme ».

L’autre disposition suspendue, est celle qui octroyait la possibilité à la police de pratiquer les écoutes téléphoniques. La justice a également jugé d’annuler la disposition qui rallonge la garde à vue de 90 à 360 jours et qui permet à la police pendant cette période avec l’autorisation du juge, de détenir sans inculpation un suspect « d’actes terroristes ».

La limitation du nombre de réfugiés autorisés à 150 000 a été également rejetée par la justice. Le Kenya accueillant pourtant aujourd’hui près de 600 000 réfugiés.

Cette décision de la justice a été prise, après une saisie de l’opposition Kényane qui trouvait en cette loi, une porte pour transformer le Kenya en « régime dictatorial ». Au Parlement, plusieurs députés de l’opposition avaient même déchiré les documents de la loi en signe de protestations.

La loi avait été adoptée le 18  décembre 2014 par le Parlement et promulguée ensuite par le président Uhuru Kenyatta. Pour ce dernier, cette loi était utile pour combattre le terrorisme des islamistes « Shebab ». Surtout que le pays à la fin du mois de novembre et début décembre à subi une nouvelle série d’attaques meurtrières des islamistes « Shebab », au nord-est du Kenya, dans la région de Mandera.

N’empêche, pour les acteurs de la société civile et l’opposition cette loi devait conduire à la une mise place à « l’Etat Policier » au Kenya.  La suspension des huit sections de la loi anti-terroriste, a été saluée par l’opposition Kényane.

Et, pour Raila Odinga, chef de file de l’opposition « il va être maintenant question de demander à la cour d’annuler complètement cette loi parce qu’elle est illégale et inconstitutionnelle », il s’exprimait ainsi sur les antennes de RFI.

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