La spiruline, miracle des rives du lac Tchad

Sur les bords du lac Tchad, la spiruline pousse naturellement. D’antan, cette plante aux caractéristiques, à la fois, d’algue (photosynthétique) et de bactérie (procaryote), était utilisée comme médicament et baume épidermique. Aujourd’hui, en plus de ces vertus médicinales et cosmétiques, la spiruline a révélé sa richesse en nutriments : plus de 70% de protéines, des bétacarotènes, des vitamines et du fer. Cerise sur le gâteau, ce végétal ne contient pas de cholestérol et est pauvre en calories.
Une telle manne ne pouvait qu’être exploitée, surtout dans une région où l’aridité dessèche le lac Tchad, appauvrissant progressivement les autochtones, pour la plupart, pêcheurs. Ainsi, le projet Spiruline a vu le jour en 2007 sous la supervision de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec un financement de 1,3 million d’euros (1,7 million de dollars US) décaissé par l’Union Européenne. Grâce à cela, 1600 femmes peuvent récolter la spiruline sur 14 sites de production situés non loin du lac et dans la région voisine de Kanem. Le budget a permis une nette amélioration des conditions de travail : avant, les algues étaient séchées à même le sol, après leur récolte dans l’eau. Avec l’équipement, les spirulines passent d’abord par le filtre puis le tamis avant d’être concentrées puis séchées, processus à la fin duquel, elles sont transformées en comprimés, gâteaux ou spaghettis. La qualité ayant un prix, le kilo de spiruline est passé de 1000 à 5000 FCFA (2 à 10 dollars US) en une demi-décennie.
Bien que déjà très populaire à l’échelle du Tchad, la spiruline naturelle a encore besoin de promotion pour mieux se commercialiser. Une fois la certification internationale décrochée, la plante pourra même s’exporter et concurrencer la spiruline artificielle produite dans les pays développés. Comme quoi, la nature peut être un facteur de développement pour l’Afrique.

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