Congo-Brazzaville : Expulsion d’une journaliste

Les autorités congolaises ont expulsé mardi une journaliste accusée de résider illégalement dans le pays. Une accusation démentie par la journaliste qui pense que ce n’est qu’un prétexte pour se débarrasser d’elle. Selon la police congolaise, Mme Sadio Kanté, née à Brazzaville en 1968, est de nationalité malienne. Dans la nuit de lundi à mardi, elle a été expulsée du territoire congolais pour « défaut de titre de séjour ».Mais elle a confirmé être née au Congo d’un père malien et d’une mère sénégalaise, assurant qu’elle possède la nationalité congolaise. « Je suis Congolaise. Ils veulent me régler mon compte parce que je dérange », a-t-elle déclaré ; avant de préciser que le pouvoir l’avait « dans le collimateur depuis un moment ».

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Mme Kanté, qui était entre temps correspondante de l’agence Reuters, travaille aujourd’hui en tant que journaliste indépendante. Elle a été l’une des premières personnes à signaler l’agression du journaliste camerounais Elie Smith, survenue il y a quelques semaines à Brazzaville lorsqu’il a été agressé par des hommes armés qui s’étaient introduits chez lui en pleine nuit, après l’avoir dévalisé, violé sa sœur, avant de prendre la fuite. Cette agression avait été ensuite dénoncée l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF), qui avait soupçonné le pouvoir d’y être impliqué.

Mme Kanté a indiqué avoir été brutalisée à plusieurs reprises par les forces de l’ordre congolaises. Elle a également déclaré avoir fait la demande pour obtenir une carte d’identité congolaise, mais sans succès. En tout état de cause, la journaliste estime que le Congo reste son pays, et qu’elle va y retourner. « Je reviendrai chez moi, je n’ai pas besoin de visa », a-t-elle déclaré.

Pour rappel, le Congo occupe le 80e rang sur 180 pays, dans le classement mondial de la liberté de presse, établi en 2014 par RSF.

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