Gabon : Opération mains propres et chasse aux sorcières

Pierre-Claver Maganga Moussavou, une des figures de l’opposition gabonaise, a déclaré dans une récente conférence de presse à Libreville, ne rien craindre face à l’opération de la Cour des comptes visant particulièrement l’interpellation des responsables de détournement des deniers publics dédiés aux fêtes tournantes.

Pierre-Claver
Lancée par le feu président Omar Bongo, puis supprimée par l’équipe d’Ali Bongo, cette initiative des fêtes tournantes consistait à célébrer chaque année la fête nationale dans une région différente ; une occasion, pour la région concernée, de bénéficier d’un programme d’investissements en infrastructures. Mais la plupart des projets n’ont jamais été concrétisés.

Moussavou, ancien ministre de l’Aménagement du Territoire et actuellement maire de Mouila, estime avoir géré dignement l’argent placé sous son autorité alors qu’il était le président du comité des fêtes tournantes édition 2008 dans la province de la Ngounié. Ses déclarations viennent après les arrestations ou auditions de quelques hauts responsables, comme Jean Eyéghé Ndong et Jeannot Kalima. Bien qu’appréciant les audits de ces fêtes qui ont révélé le détournement accablant d’argent, Moussavou craint une opération ciblée et interpelle le président Ali Bongo de «montrer l’exemple en cherchant dans la majorité».

Jean Eyéghé Ndong, ex-Premier ministre, est accusé de malversations pour un montant de 98,5 milliards de FCFA entre 2006 et 2007, alors responsable du comité des fêtes tournantes de la province de l’Estuaire. Sommé de justifier cette somme d’ici trois mois, Ndong nie toute responsabilité et menace : « J’ai servi l’Etat à un haut niveau. Je dois en principe retenir ma langue (…). Mais si on m’oblige à la délier, attention les dégâts! ».

Jeannot Kalima, Secrétaire Général du ministère des Mines, de l’industrie et du tourisme  est soupçonné d’avoir détourné une bonne partie de l’enveloppe de 595 millions de FCFA, dont il avait la charge en sa qualité de directeur de cabinet du ministre des Travaux publics de l’époque pour ces manifestations.

Une partie de l’opposition voit déjà dans cette opération une chasse aux sorcières destinée à éliminer des éventuels rivaux d’Ali Bongo avant la présidentielle de 2016.

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