Assurances : une habitude pas trop africaine

Durant des années, le mode de vie en Afrique a constitué un obstacle au développement des assurances. Les sociétés, fortes de leur organisation en mutuelles familiales et solidaires, n’en éprouvaient pas le besoin. Aujourd’hui, bien que la mondialisation ait énormément influencé les affaires courantes, le secteur de l’assurance marque ses premiers pas sur le continent, exception faite de l’Afrique du Sud avec 14,38% de taux de pénétration, du Maroc (2,7%) et de la Tunisie (2,01%). Pourtant, les besoins africains en assurances sont criants : décès, accidents, maladie, gestion foncière,…  constituent des risques plus probables au sein des populations pauvres. Pour l’heure, quelques rares agents économiques et entreprises contractent des assurances. A cause de l’ampleur de l’informel grâce auquel la plupart survivent, les ménages africains ont difficile à accéder aux assurances. Et même quand il s’agit du formel, l’aléa de la faiblesse des revenus peut encore compliquer les choses. Pour pouvoir le surmonter, la micro-assurance semble être la solution la mieux adaptée. C’est un « mécanisme de protection des personnes à faibles revenus contre les risques en échange du paiement d’une prime d’assurance calculée en fonction de leurs besoins, de leurs revenus et du niveau du risque concerné », comme défini par le Fonds pour l’innovation en micro-assurance. Selon une étude du même organisme datée d’octobre 2009, seulement 2,6% de la population vivant avec moins de 2 dollars dans 32 états africains ont accès aux produits de micro-assurance. Cette pratique est donc très peu utilisée dans le continent noir. Les assureurs, après avoir adapté leurs services aux budgets de leurs clients africains, doivent s’atteler à résoudre un problème de taille : celui de la culture ambiante, laquelle n’est toujours pas habituée à se prémunir contre les risques.

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