Cameroun : vers la certification du bois

Le Cameroun a décidé de s’attaquer au marché noir qui permet le trafic de bois sur son territoire. Yaoundé a donc mis en place les APV Flegt (Accords de partenariat volontaire), l’ensemble de procédures et contraintes de certification permettant de tracer le circuit de production de bois. Dès son application, il sera obligatoire d’avoir une autorisation Flegt pour acheminer le produit vers l’Union Européenne, premier consommateur du bois camerounais. Il s’agira pour les importateurs européens de s’assurer que le bois, en provenance du Cameroun, respecte les normes environnementales et légales des interventions en milieu forestier. Selon les représentants du ministère de la forêt, les premières certifications pourront être mises à disposition d’ici la fin de l’année en cours. Aujourd’hui encore le système de contrôle pour le bois camerounais reste hasardeux et très peu fiable. Le mode opératoire consiste en des vérifications aux niveaux des Check-points (points de contrôle) où des fonctionnaires se livrent à des contrôles de routine, bien souvent sans consultation du cahier de charge, sur des transporteurs indexés par lettres. A plusieurs reprises les exploitants ont falsifié les lettres d’indexation pour assurer leurs fraudes. Cette procédure a montré ces limites et des reformes sont attendus depuis bien longtemps. Par ailleurs la certification Flegt permettra également de diminuer les risques de corruption, qui font légion dans les différents secteurs publics du pays. Le Cameroun regorge de réserves considérables en bois. Sa forêt, la deuxième d’Afrique après celle de la République Démocratique du Congo, représente plus de 40% du territoire national. Elle s’étend sur près de 20 millions d’hectares et emploie plus de 45000 personnes, aussi bien sur les plan formel qu’informel.

Aussi, la capacité de transformation du bois dans le pays est actuellement d’environ 3 millions de mètre cube. En 2008 le secteur a connu une forte baisse de la demande après la crise mondiale qui a frappé l’Europe de plein fouet. Les observateurs locaux estiment que Yaoundé verrait ses recettes décuplés si l’on mettait un peu plus d’ordre dans le secteur.

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