Conflits pétroliers RD Congo-Angola

Depuis quelques années, les autorités congolaises affichent clairement leur penchant pour le secteur pétrolier, une volonté manifeste par les multiples explorations qui ont cours sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Jusqu’à présent, tout le pétrole congolais sort du bassin sédimentaire côtier, un espace maritime de 40 Km situé entre les régions angolaises de Cabinda et de Soyo. Bien que disposant du même champ pétrolifère que Luanda dont la production journalière se chiffre en millions de barils, Kinshasa atteint à peine les 25000 barils quotidiens. Cette curieuse disproportion a récemment poussé le gouvernement congolais à engager des experts afin de délimiter les eaux territoriales du pays. Les conclusions des travaux de ceux-ci ont été formelles : la République Démocratique Congo, ayant ratifié en 1989 la convention de Monte Gobe qui donne le droit à tout Etat ayant une zone côtière d’accéder à 200 km au large des eaux de son territoire, devrait bénéficier d’un plateau continental beaucoup plus grand, à savoir 4000 km². Ce qui empièterait, selon les cartes pétrolières actuelles, sur des zones exploitées, depuis plus d’une décennie, par des multinationales pour le compte de l’Angola et dont les réserves s’estiment à plus de 4 milliards de barils. Pour rentrer dans ses droits, les congolais ont d’abord introduit, en Mai 2009, une requête à l’ONU pour solliciter son arbitrage et, ensuite, lancé des négociations avec leurs voisins par le biais d’une « Commission nationale d’études sur le plateau continental » mise sur pied à ce propos. Celle-ci devra déposer son rapport final aux Nations Unies au plus tard en Juillet 2014, échéance qui laisse largement le temps aux angolais de continuer à profiter des 500000 barils qui émanent, chaque jour, de l’espace sujet de tant de convoitises.

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