Accord agricole Maroc-UE : le Royaume réussit son grand oral devant les eurodéputés

L’échange de vues très attendu entre la commission du commerce international (Inta) et le ministre marocain de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch s’est enfin déroulé mercredi 13 juillet. C’était en effet, au tour de la commission du commerce international (INTA) de se prononcer, après que la commission agricole ait rejeté la veille-dans un avis consultative- l’accord à 24 voix contre 14.  Aziz Akhannouch serait donc en passe de relever le défi de rallier les députés réticents à l’accord, notamment en provenance d’Europe du sud, dont l’ « économie du Palmier » est soumise à rude épreuve en ce moment, que ce soit en Espagne, au Portugal ou en Italie. L’autre contempteur de l’accord, le français José Bové, semble opérer un semblant de revirement de stratégie, après que le ministre marocain Akhannouch aie asséné avec force devant les eurodéputés que l’accord agricole Maroc –UE est instrument de « lutte contre la pauvreté », ainsi qu’un outil « stratégique de la politique de voisinage ». Ainsi,  un début de compromis se traduirait par la recherche d’un accord gagnant /gagnant  pour l’ensemble des parties. A cet égard, les efforts fournis par le Maroc ainsi que les progrès enregistrés par celui-ci en matière agricole laissent présager d’une suite favorable, d’autant plus que les avantages que comporte l’accord, aussi bien pour le Maroc que pour l’UE, semblent substantiels. En effet, l’importance que revêt l’accord est cruciale et ce, à plusieurs niveaux. Au-delà de l’aspect commercial, cet accord recouvre des aspects à la fois politiques, économiques et sociaux. Celui-ci s’inscrit pleinement dans la promotion du développement agricole marocain, à travers la mise en place de projets intégrés, participatifs et durables. L’objectif étant de lutter contre la pauvreté, et d’assurer un revenu à même de permettre la stabilité de la population concernée par l’agriculture. Ce qui ne va pas sans avoir des conséquences directes en matière de lutte contre l’immigration clandestine.Cependant, malgré l’avantage certain que confèrerait l’accord de libre échange aux parties, ceci n’a pas empêché l’émergence de craintes -parfois injustifiées-chez certains pays membres de l’UE farouchement opposés à la conclusion de l’accord. Les professionnels de l’agriculture, notamment espagnols, ont ainsi à plusieurs reprises appelé le parlement à voter contre l’accord, en avançant que celui-ci allait gravement porter atteinte à leurs intérêts et qu’il aurait des conséquences désastreuses sur les petits agriculteurs. Ces arguments sont combattus avec force par les marocains, notamment  en raison du caractère  graduel de la libéralisation des échanges et l’importance de l’ouverture du marché marocain aux produits de l’UE.Par ailleurs, le lobbying exercé par le Front Polisario au niveau du parlement ne semble pas être à court de moyens, encore moins d’arguments pour tenter d’entraver la conclusion de l’accord. En témoignent les retards pris dans la ratification de celui-ci. L’association Western Sahara Ressource Watch, dont le financement demeure obscur, maintient des rapports ambigus avec le Front Polisario qu’elle considère ouvertement comme le représentant légal du peuple Sahraoui. Western Sahara Ressource Watch a ainsi tenté de faire de la question du Sahara Occidental, un frein à la conclusion de l’accord. La commission européenne semble néanmoins ‘être déterminé sur la question. Cela s’est traduit par la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental comme « puissance administrative »  par la haute représentante de l’UE Catherine Ashton.                                                    De son côté, le Maroc a concédé bon nombre d’avantages à l’UE sans pour autant mettre le secteur de l’agriculture en danger. L’on peut estimer que les efforts déployés par le Maroc en termes de transparence sont importants, puisque celui-ci a fait part, auprès de la commission européenne, de son intention de présenter un rapport sur les activités agricoles et de pêche dans le Sahara. Le Royaume est même allé plus loin, en affichant sa volonté d’assurer une distribution des bénéfices des exportations agricoles et de la mer du Sahara.L’avis de la commission agricole ne devrait pas décourager le Maroc, mais devrait l’inciter à persévérer dans sa  détermination à surmonter un à un les obstacles qui se dressent devant la conclusion de cet accord, et à trouver des solutions de compromis à l’ensemble des problèmes.

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