Tunisie: Manifestation et vote de confiance au parlement

Le Parlement tunisien a entamé mardi une session plénière consacrée au vote sur un vaste remaniement du gouvernement, vivement critiqué la veille par le président Kais Saïed.

Les députés doivent se prononcer sur un remaniement annoncé le 16 janvier par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, qui a changé onze ministres, notamment ceux de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé.

Mechichi a assuré que le but était d’obtenir une équipe «plus harmonieuse», et «plus efficace» pour arriver à concrétiser des réformes en cours dans le pays. Mais le président Kais Saïed a vivement critiqué ce remaniement mardi soir, en présence de Mechichi et du président du Parlement, Rached Ghannouchi, regrettant ne pas avoir été consulté au préalable.

Il a fustigé l’absence de femmes parmi les nouveaux ministres proposés, et accusé un des ministres choisis d’être «lié à une affaire de corruption» et trois autres d’être soupçonnés de «conflit d’intérêt», sans préciser de noms.

La session parlementaire intervient le lendemain de heurts entre des protestataires et la police à Sbeitla, dans une région marginalisée du centre de la Tunisie, après le décès d’un jeune blessé la semaine dernière par une cartouche de gaz lacrymogène lors de manifestations.

Plusieurs nuits durant, des jeunes ont jeté des pierres sur la police déployée pour faire respecter un couvre-feu imposé pour des raisons sanitaires.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et arrêté plus d’un millier de jeunes, dont de nombreux mineurs selon des défenseurs des droits humains qui ont déploré des abus.

A l’appel d’une trentaine d’associations, les manifestants ont été empêchés mardi d’arriver devant l’Assemblée, reconduits dans une rue adjacente par un très important dispositif policier.

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