Guinée: 10 ans de prison requis contre un opposant au président Condé

Le parquet guinéen a requis lundi dix ans de prison ferme contre un opposant à un troisième mandat du président Alpha Condé, poursuivi pour «atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et incitation à la révolte». 

Mamady Condé, un jeune opposant et blogueur, a été arrêté le 26 novembre 2020 et est depuis écroué à la prison civile de Conakry. Ce proche du principal opposant Cellou Dalein Diallo Sidy, plus connu en Guinée sous le nom de «Madic 100Frontière», est poursuivi pour «menaces, injures, atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, xénophobie, incitation à la révolte» après avoir publié des textes contre un troisième mandat d’Alpha Condé et des vidéos critiques contre le pouvoir. 

Sidy Souleymane Ndiaye, le procureur de Dixinn, un quartier de la banlieue de Conakry, a également réclamé une amende de 300 millions de francs guinéens (27.000 euros environ) à son encontre. «Je demande pardon au président Alpha Condé s’il estime qu’il a été vexé par mes écrits ou autres productions », a-t-il dit à la barre.

La Guinée a été le théâtre pendant des mois d’une mobilisation contre un troisième mandat consécutif du président Condé. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts depuis octobre 2019. M. Condé, 82 ans, a néanmoins été proclamé vainqueur dès le premier tour de la présidentielle du 18 octobre 2020 par la Cour constitutionnelle.

Les semaines avant et après l’élection ont vu l’arrestation de centaines d’opposants, selon Amnesty et Human Rights Watch.

L’opposant Mamadou Oury Barry est décédé dans la matinée du samedi 16 janvier 2021 alors qu’il était en détention préventive à la Maison centrale de Conakry, la plus grande prison de la Guinée. Il s’agit du quatrième décès à la prison centrale de Conakry d’opposant.

A ce sujet, l’Union européenne vient d’interpeller le gouvernement guinéen. L’UE demande «à ce que justice puisse pleinement s’exercer sur la base d’enquêtes menées en toute indépendance». «Cet évènement rallonge la liste des opposants politiques décédés en détention en Guinée ces derniers mois», déplore Nabila Massrali, porte-parole à la Commission européenne pour les affaires extérieures et la politique de sécurité.

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