Togo: Deux dirigeants de l’opposition mis en détention pour tentatives de «déstabilisation»

Deux membres d’un important mouvement de l’opposition au Togo, arrêtés la semaine dernière, ont été placés en détention, a indiqué dimanche le procureur de la République Essolissam Poyodi.

Selon un communiqué du parquet, lu à la télévision nationale, Brigitte Adjamagbo-Johnson, grande figure de l’opposition et Gérard Djossou, tous deux membres de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), «ont été présentés dès la clôture de l’enquête au procureur de la République qui a procédé à l’ouverture d’une enquête judiciaire».

Accusés «d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et de groupement de malfaiteurs», les deux mis en cause accusés également par le procureur de préparer «un plan de déstabilisation des institutions de la République et d’un projet criminel», ont été placés en détention en attendant leur procès.

Le procureur a expliqué ce dimanche dans un communiqué, que les perquisitions menées à leurs domiciles «ont permis la découverte et la saisie de documents et d’objets compromettants».

Amnesty international a dénoncé le 30 novembre dernier la «répression croissante des voix dissidentes par les autorités togolaises », à la suite de l’arrestation la semaine dernière, de Brigitte Adjamagbo-Johnson et Gérard Djossou.

Marceau Sivieude, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale a déclaré que «l’arrestation des deux opposants semble être strictement liée à l’appel à manifestation et apparaît comme une nouvelle illustration des autorités de vouloir réduire au silence l’opposition et les voix dissidentes».

La DMK avait appelé à une marche fin novembre à Lomé pour protester contre les résultats de l’élection présidentielle de février qui a vu la réélection du président sortant, Faure Gnassingbé pour un quatrième mandat. La manifestation a été interdite par le gouvernement, qui a invoqué la pandémie de coronavirus.

L’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, chef de file de la DMK, qui a obtenu 19,46% des suffrages à l’élection présidentielle, contre 70,78% pour Faure Gnassingbé, conteste toujours ces résultats et a été plusieurs convoqué par la justice et menacé de poursuites.

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