L’opposition togolaise dénonce la répression des manifestations ayant fait au moins deux morts

L’opposition togolaise a dénoncé la répression «sauvage» des manifestations organisées samedi, contre les élections législatives du 20 décembre qu’elle conteste et qui ont fait au moins deux morts selon les autorités de Lomé.

«Le bilan provisoire de cette violente répression serait de 3 morts et de plusieurs blessés graves», a affirmé le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, dans une déclaration publiée samedi soir.

Le même jour, le gouvernement a fait état dans un communiqué de deux morts, dont un par balles. Quatre membres des forces de l’ordre ont été blessés et 28 manifestants interpellés, précise le gouvernement

La coalition, qui boycotte les prochaines législatives invoquant des «irrégularités» dans leur préparation, avait appelé à des manifestations pendant une dizaine de jours à partir de samedi pour exiger l’arrêt du processus électoral.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et affronté des manifestants qui s’étaient rassemblés dans la capitale, Lomé, et dans plusieurs autres villes du pays malgré une interdiction de manifester décrétée par les autorités.

Fabre a «condamné avec la dernière vigueur la folie meurtrière du régime, à laquelle les plus hauts gradés de l’armée ont pris part» lors de ces manifestations interdites par le gouvernement qui a évoqué le «risque très élevé de troubles graves à l’ordre public» alors que la campagne électorale a démarré mardi dernier.

La coalition de l’opposition  réclame notamment des réformes constitutionnelles pour permettre la limitation du nombre des mandats présidentiels et, pour ce qui est des législatives, la recomposition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la reprise de toutes les activités déjà menées par cette institution.

Les Eglises évangéliques, presbytériennes et méthodistes du Togo ont appelé mercredi à un «report  de quelques mois» des élections, dénonçant «les conditions non consensuelles» de leur organisation.

Vendredi, les «cadres musulmans» du Togo ont également appelé à un report pour mettre fin à la crise que traverse le pays depuis plus d’un an, avec des manifestations massives exigeant la démission du président Faure Gnassingbé.

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