Malabo «n’accepterait aucune demande d’extradition» de l’ex-résident de la Gambie

La Guinée équatoriale «protégera» l’ancien président gambien Yahya Jammeh, qui a trouvé exil il y a un an, dans ce pays après avoir dû quitter le pouvoir en Gambie, a déclaré le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, à l’issue d’une visite de quelques heures à Malabo, à l’ex-président en exercice de l’Union Africaine (UA), le président guinéen Alpha Condé.

«Je crois que la position de protéger les anciens chefs d’Etat est une position correcte. Et précisément je félicite Alpha Condé qui m’a suggéré qu’il n’accepterait aucune demande d’extradition de Yahya Jammeh. Moi non plus je ne l’accepterai pas », a expliqué, le président Obiang Nguema.

« …Il faut protéger Yahya Jammeh, il faut le respecter comme ancien chef d’Etat d’Afrique. Car c’est une garantie pour que les autres chefs d’Etat qui doivent quitter le pouvoir n’aient pas peur des harcèlements qu’ils pourraient subir par après », a affirmé le chef de l’Etat équato-guinéen, au pouvoir depuis 38 ans.

En janvier 2017, le président gambien Yahya Jammeh avait été contraint de partir en exil, après plus de 22 ans à la tête de ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest et après avoir contesté pendant six semaines sa défaite à l’élection présidentielle de décembre 2016 face à Adama Barrow.

Un an après son départ, la stabilité politique reste néanmoins fragile en Gambie, du fait notamment de l’influence persistante des ex-chefs militaires du régime Jammeh. Deux généraux de l’ex-président, qui l’avaient suivi dans son exil en Guinée Équatoriale, rentrés récemment dans leur pays, étaient détenus la semaine dernière par l’armée.

Dans ce conteste, cette déclaration a provoqué de la colère à Banjul où les victimes de la féroce répression exercée par le régime de Jammeh mettent en place une procédure judiciaire contre lui.

Amadou Scattred Janneh, ancien ministre de l’Information emprisonné par l’ancien régime et devenu leader de la campagne « Jammeh to Justice », a estimé que le processus judiciaire ne «va pas seulement dépendre d’Obiang» et dit avoir «le devoir d’intensifier la pression» pour s’assurer que «Jammeh et ses complices seront finalement traduits en justice». «Ce n’est pas aux dictateurs de décider si leurs collègues doivent être ou non jugés», a-t-il ajouté.

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