Six morts et plusieurs blessés lors d’une marche non-autorisée en RDC

Le calme était de retour à Kinshasa dimanche soir, après la mort de six personnes, dans la dispersion violente d’une manifestation non autorisée, lancée à l’appel d’un collectif catholique contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Selon un bilan de la Mission des nations unies en RDC (Monusco) et des organisateurs, six personnes ont été tuées à Kinshasa, et 49 blessés dans tout le pays où 94 personnes ont été arrêtées.

Le porte-parole de la police nationale congolaise a pour sa part affirmé que «deux personnes ont été tuées» à Kinshasa. «Neuf policiers» ont été blessés «dont deux grièvement», a-t-il ajouté dans une intervention sur la télévision d’Etat Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC).

Dans la principale église à Kinshasa, la cathédrale Notre-Dame, des fidèles ont essuyé des tirs de gaz lacrymogènes alors qu’ils tentaient de marcher après la messe.

Dans d’autres endroits de la capitale congolaise, plusieurs centaines de personnes ont tenté de défiler entre l’église Christ-Roi et la place de la Victoire, dans le centre, avant de se heurter aux forces de l’ordre. Des curés et un des leaders de l’opposition, Vital Kamerhe, avaient pris la tête du cortège.

Dans le reste du pays, là aussi, des manifestants anti-Kabila se sont heurtés dans de nombreuses villes aux forces de l’ordre. Les forces de la Monusco se sont interposées entre les manifestants et la police qui avait reçu le soutien l’armée pour faire respecter l’interdiction de manifester.

Les organisateurs, un collectif de laïcs proche de l’Eglise catholique, demandent au président Joseph Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à un troisième mandat, lors des élections du 23 décembre 2018, ce que lui interdit d’ailleurs la Constitution. Ils demandent aussi le respect d’un accord politique de la Saint-Sylvestre 2016 prévoyant la libération des prisonniers politiques.

Les autorités congolaises ont une nouvelle fois interdit ces marches qui avaient été déjà organisées le 31 décembre dernier. Ce jour-là, la répression avait alors fait six morts dont cinq à Kinshasa, selon les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités.

Le chef de l’Eglise catholique, le pape François a appelé dimanche les autorités du pays à éviter «toute forme de violence», à la fin d’un Angelus prononcé à Lima.

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