Libération en  Ethiopie de 500 détenus dont un haut dirigeant de l’opposition

Merera Gudina, président du Congrès fédéraliste oromo (OFC), l’une des principales formations de l’opposition en Ethiopie, a été libéré de prison ce mercredi, dans le cadre d’une amnistie décidée par le gouvernement au profit de plus de 500 personnes, rapporte la radio-télévision d’État Fana.

L’opposant avait été appréhendé en 2016, peu après son retour d’un voyage en Europe, où il avait dénoncé l’état d’urgence décrété en Ethiopie devant des parlementaires européens à Bruxelles. Il avait été inculpé d’incitation aux émeutes et accusé d’avoir préparé un coup d’État.

Merera a été libéré sur instruction du premier ministre, Hailemariam Desalegn, qui a promis le 3 janvier dernier, de libérer un certain nombre d’hommes politiques.

Le gouvernement avait ainsi annoncé lundi que 528 individus, pour la plupart accusés d’implication dans des violences ethniques à la frontière entre les régions oromo et somali (sud), seraient libérés et que les charges à leur encontre seraient abandonnées. 115 prisonniers ont ainsi retrouvé la liberté ce mercredi, selon Fana.

Après sa libération à Addis-Abeba, Merera a déclaré que «ce sera une bonne chose si le gouvernement conduit des négociations honnêtes avec les forces politiques qui jouissent d’un soutien massif, afin de créer une Ethiopie démocratique qui garantisse l’équité entre tous ».

Amnesty International a salué dans un communiqué, la libération de l’opposant, appelant le gouvernement éthiopien à relâcher tous les autres «prisonniers de conscience».

Le nombre exact de prisonniers qui croupissent actuellement dans les geôles éthiopiennes n’est pas connu. Mais plus de 21.000 personnes, selon des chiffres officiels, ont été arrêtés dans le cadre de l’état d’urgence instauré entre octobre 2016 et août 2017, dont les deux-tiers ont été ensuite relâchés.

L’instauration de l’état d’urgence visait à mettre fin aux manifestations dans les régions des Oromo (sud et ouest) et des Amhara (nord), les deux principales ethnies du pays. Ces manifestations avaient fait au moins 940 morts selon la Commission éthiopienne des droits de l’Homme, liée au gouvernement.

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