Le président Zimbabwéen ordonne le rapatriement des capitaux sortis du Zimbabwe

Après avoir hérité d’un pays englué dans une crise économique catastrophique, le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a fixé ce mardi, un ultimatum de trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous les capitaux illégalement sortis du territoire.

Un communiqué signé de Mnangagwa assure qu’à l’expiration de ce délai, les autorités «procèderont à l’arrestation de tous ceux qui n’ont pas respecté cette directive et les traduiront devant la justice».

L’expatriation des capitaux «constitue un crime économique contre le peuple du Zimbabwe», a martelé le chef de l’Etat qui hérite d’un pays en crise depuis une réforme agraire lancée au début des années 2000 par l’ex-dictateur Robert Mugabe.

Le Zimbabwe manque cruellement de liquidités, les retraits sont sévèrement limités et le gouvernement peine chaque mois à payer ses fonctionnaires. Plus de 90% de sa population est officiellement au chômage et ne survit que de débrouille et d’emplois informels.

Le gouvernement a lancé en 2016, une nouvelle monnaie sous la forme de « billets d’obligation » pour tenter d’enrayer la fuite vers l’étranger du dollar américain, sa seule devise officielle, mais sans grand succès.

Surnommé le « crocodile », Mnangagwa, 75 ans, a succédé vendredi dernier à la tête du Zimbabwe à Robert Mugabe, 93 ans, qui a démissionné après un coup de force de l’armée.

Dans son discours, le nouveau président s’est montré très offensif sur les questions économiques, rappelant que la reconstruction du pays se ferait «en incorporant des éléments d’économie de marché» et en «encourageant l’entrepreneuriat».

Proche de Robert Mugabe et de l’appareil sécuritaire zimbabwéen, plusieurs fois ministre depuis les années 1980, puis vice-président à partir de 2014, il a cependant pris le contre-pied, des orientations de politiques économiques de son prédécesseur, soulignant que «les investissement extérieurs au Zimbabwe seront sécurisés».

L’une de ses premières mesures dans le domaine économique a été de renommer le 27 novembre, Patrick Chinamasa, une figure historique du parti Zanu-PF au pouvoir, au poste de ministre des Finances, qui avait été rétrogradé par Mugabe il y a un mois au portefeuille nouvellement créé de la Cybersécurité.

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