Un proche de Goodluck Jonathan demande son témoignage dans une affaire de corruption

Inculpé dans une grave affaire de corruption, Olisa Metuh, ancien porte-parole de la présidence du Nigeria sous le mandat de Goodluck Jonathan, a demandé lundi au tribunal de présenter l’ex-président nigérian comme témoin lors de son procès.

Olisa Metuh est accusé par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) d’avoir reçu 400 millions de nairas (945.000 euros) de Sambo Dasuki, le conseiller à la sécurité, dans le cadre d’un scandale sur une affaire de vente d’armes.

Selon l’enquête qui a été menée par la EFCC, l’argent aurait été finalement utilisé pour financer la campagne électorale de Jonathan en 2015, face à son rival, Muhammadu Buhari.

Après avoir réussi à faire apparaître Sambo Dasuki comme témoin à la barre, Onyechi Ikpeazu, avocat de Metuh, a demandé lundi devant la haute cour fédérale d’Abuja que «l’autre témoin» en l’occurrence «Goodluck Jonathan, ancien président de la République Fédérale du Nigeria», viennent témoigner à la barre.

« Nous lui avons fait parvenir une lettre, à laquelle il n’a pas répondu », a fait savoir l’avocat lors de l’audience de lundi, affirmant que son client n’avait agi que sur les ordres de la présidence. Il a aussi fait remarquer que son client devrait être acquitté des charges qui pèsent contre lui si ce témoin « indispensable » ne vient pas.

De son côté, M. Dasuki, accusé dans un autre procès d’avoir détourné 2 milliards de dollars destinés à équiper l’armée nigériane, notamment pour la lutte contre l’insurrection du groupe jihadiste Boko Haram, a assuré également au cours d’une audience le président (ndlr Godluck Jonathan) était au courant de cette affaire de détournements.

Selon l’enquête de la EFCC, cet argent a ensuite été distribué à des membres éminents du PDP, ancien parti dirigeant. Alors que de nombreux proches de l’ex-président – notamment son épouse, son cousin et son ancienne ministre du pétrole ont été directement visés par des enquêtes et de nombreux biens et comptes bancaires saisis, le PDP accuse le parti au pouvoir de mener une chasse aux sorcières contre l’opposition.

Depuis son élection le président Buhari a promis de mener une guerre sans répit à la corruption, un « cancer », qui gangrène le géant pétrolier d’Afrique de l’Ouest.

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