Publié Le : jeu, Août 31st, 2017

Gabon : Des partisans de Ping écroués pour «trouble à l’ordre public»

Plusieurs partisans de l’opposant gabonais Jean Ping qui continue de se proclamer «président élu» du Gabon ont été écroués après avoir été interpellées en marge de manifestations non-autorisées.

Selon le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong, huit personnes, interpellées dans la capitale Libreville vendredi dernier, ont été écrouées ce mardi pour «attroupements non armés ayant troublé l’ordre public ». Par ailleurs, un activiste blogueur, Hervé MomboKinga, arrêté dimanche soir à son domicile, est auditionné par le parquet.

Vendredi, des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre au lors de marches d’opposants, deux jours avant le premier anniversaire du scrutin qui a conduità la réélection contestée du président Ali Bongo Ondimba. Les manifestants avaient quitté le QG de l’opposant Jean Ping avec l’intention de « marcher vers la présidence », selon l’un d’eux.

Mais à Libreville comme à Port-Gentil, les marches ont été dispersées par la police. Les organisateurs ont affirmé à la presse avoir déposé auprès des gouvernorats des demandes d’autorisation de manifester, sans avoir reçu de réponse.

Rival d’Ali Bongo à l’élection du 27 août 2016, Jean Ping avait lancé une semaine auparavant, un appel à la désobéissance civile, relayé par deux télévisions privées. L’une d’elle, Radio-télévision Nazareth (RTN), a été interdite pendant un mois de diffuser des programmes politiques par le Conseil national de la communication (CNC), a rapporté vendredi le site d’information Gabon Review.

Dans son adresse, M. Ping s’est encore présenté comme le « président élu » du Gabon, dénonçant le « coup d’Etat militaro-électoral » de son rival qu’il accuse de fraude. L’annonce de la réélection de M. Bongo le 31 août 2016 avait provoqué des violences inédites au Gabon. Plusieurs personnes ont été tuées dans les troubles.

Une mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE) avait estimé dans ses conclusions en décembre que la présidentielle gabonaise présentait des « anomalies » qui « mettent en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection ».

Ali Bongo a organisé un dialogue national qui était censé résoudre la crise politique avec l’opposition, dont le chef de file, son rival Jean Ping a refusé de s’y associer.

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