L’Armée du Nigeria n’ouvrira pas d’enquête contre ses hauts gradés accusés par AI

L’armée nigériane a annoncé mercredi qu’aucune enquête ou poursuite ne serait engagée contre certains de ses commandants cités dans un rapport d’Amnesty International (AI) sur des exactions commises dans le conflit avec le groupe jihadiste Boko Haram, arguant qu’il n’y a «aucune preuve».

 Selon le rapport d’AI intitulé « Des galons aux épaules, du sang sur les mains », publié en juin 2015, six commandants, en activité ou à la retraite, seraient responsables de meurtres, torture ou de disparitions de 1.200 personnes et des milliers d’autres arrêtées, de manière arbitraire pendant les 8 années de conflit.

En 2016, Amnesty International avait également alerté les autorités d’Abuja sur ces conditions de détention « horribles » dans les prisons nigériane. Selon l’ONG  les personnes interrogées souffrent de « maladies, de faim, de déshydratation et de blessures par balle ». 149 personnes, dont 11 enfants de moins de 6 ans sont morts dans les casernes de l’Etat du Borno (nord-est du Nigeria) entre janvier et mai 2016.

Le général Nuhu Angbazo a déclaré ce mercredi à la presse, qu’il n’y avait «aucune preuve» contre les commandants cités, deux ans après la publication du rapport, rejetant dans le même temps, d’autres accusations, faites cette fois par Human Rights Watch, de meurtres arbitraires et de viols dans les camps de déplacés.

Angbazo a par ailleurs dédouané les forces de sécurité nigérianes dans la mort de 150 manifestants indépendantistes pour le Biafra (sud-est) depuis août 2015, comme l’affirme Amnesty.

Il s’est toutefois inquiété « des retards accumulés pour juger les détenus, qui parfois peuvent même engendrer leur mort en garde-à-vue est inacceptable », rappelant que « chaque citoyen a le droit à un jugement libre ».

En avril, l’UNICEF s’était aussi inquiété du nombre d’enfants détenus par les armées des quatre pays de la région (Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun) qui combattent Boko Haram. « En 2016, près de 1.500 enfants étaient sous détention administrative ».

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