La Tunisie engagée dans une «guerre de longue haleine» contre la corruption

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed a déclaré ce dimanche, que la dizaine d’arrestations impliquant hommes d’affaires, contrebandiers présumés et même un ancien responsable de la sécurité, n’était pas «une campagne» sporadique, promettant une «guerre de longue haleine» contre la corruption qui «ne protègera personne».

Dans un entretien à deux quotidiens locaux («La Presse et Assabah»), Youssef Chahed a expliqué que le but du gouvernement est «de mettre en pièces les systèmes de la corruption. (…) La lutte anticorruption est une guerre continue, de longue haleine et procède d’une politique soutenue», laissant entendre que d’autres interpellations suivront.

«J’entends certains dire que c’est une campagne. Non, nullement, il s’agit plutôt d’une politique d’Etat. (…) La corruption chez nous est généralisée», a soutenu Chahed.

Le Premier ministre tunisien fait référence à l’arrestation le 23 mai de l’homme d’affaires Chafik Jarraya, connu pour ses liens avec le monde politique et médiatique, début d’une vaste opération «Mains propres», et de dizaines d’autres personnes, saluée par l’opinion. M. Chahed écarte par ailleurs les accusations selon lesquelles ce coup de filet aurait été déclenché pour contrer la montée en puissance de mouvements sociaux, notamment dans le sud du pays où la production de pétrole et de gaz est à l’arrêt dans deux régions depuis vendredi dernier.

Depuis près de deux mois, des habitants de ces régions délaissées réclament une meilleure répartition des richesses et des recrutements prioritaires dans les sociétés pétrolières. Le 10 mai, le président Béji Caïd Essebsi a demandé aux militaires de protéger les sites de production des mouvements sociaux susceptibles d’empêcher leur exploitation.

Dans un communiqué datant du vendredi 2 juin, la ministre tunisienne de l’Energie, Hela Cheikh Rouhou a déclaré que «l’arrêt de la production dans les gouvernorats de Tataouine et Kébili a des conséquences directes sur l’économie nationale et contribue à l’aggravation du déficit commercial», ajoutant que le secteur des carburants était «dans une situation critique». La Tunisie peine à relancer son économie, durement affectée par l’instabilité qui a suivi la révolution de 2011.

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