Des militants de la société civile tchadienne arrêtés par la police

Une dizaine de militants de la société civile tchadienne appartenant au mouvement Iyina (« on est fatigué » en arabe dialectal tchadien), qui avait appelé à manifester contre le pouvoir, ont été arrêtés ce lundi à N’Djamena.

Selon Paul Manga, porte-parole de la police tchadienne, « une dizaine (de militants) ont été arrêtés dans l’enceinte de la bourse de travail par la police anti-émeutes », précisant qu' »ils étaient habillés en rouge, conformément à leur mot d’ordre pour manifester contre la gouvernance de Déby ».

Le porte-parole de la police justifie ces arrestations par le caractère illégal de la manifestation. « Ils ont été interdits de manifester. Malgré cela, ils ont décidé de perturber (…) et donc ils ont été arrêtés », a-t-il, ajoutant que les militants « sont en ce moment entendus par la police judiciaire ».

La Convention tchadienne pour la défense des droits de l’Homme (CTDDH) a dans un communiqué condamné  » avec vigueur cet acte de banditisme et exige la libération sans délais des militants arrêtés « , suite à  » l’intrusion illégale de la police à la bourse de travail ».

Le Tchad, pays producteur de pétrole et allié de la France dans la lutte anti-jihadiste, traverse une sévère crise économique et sociale aggravée par l’effondrement des prix du pétrole. Le président, Idriss Déby, élu pour un cinquième mandat fait face à une grogne sociale de grande envergure depuis la mise en place d’un plan d’austérité.

Le 6 avril, le porte-parole d’Iyina et coordinateur au Tchad de la campagne internationale « Tournons la page » pour la démocratie en Afrique NadjoKaina a été arrêté à N’Djamena par des agents de l’Agence nationale de la sécurité (ANS).

En février, 69 étudiants avaient été condamnés à un mois de prison ferme pour « outrage à l’autorité de l’Etat » après avoir perturbé une visite ministérielle pour protester contre la suppression de leurs bourses.

Le mouvement citoyen Iyina avait appelé à manifester contre le pouvoir en place à l’occasion de l’anniversaire du premier tour de l’élection présidentielle d’avril 2016, qui avait abouti à la réélection à plus de 60% du président Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990.

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