Nouveau report du procès de Simone Gbagbo, les débats ouverts pour les disparus de Novotel

Le procès de l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, jugée pour crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, a été de nouveau, reporté ce mardi au 7 mars à la demande du parquet général.

Les avocats commis d’office à l’ex-première dame ont soulevé plusieurs exceptions lors des débats, obligeant le juge Kouadjo Boiqui, président de la Cour d’assises, à renvoyer le procès au 7 mars. L’accusée était absente lors de l’audience de ce mardi.

La défense a dénoncé « l’irrégularité de la constitution de la Cour », un des deux accesseurs du président ayant été remplacé sans « respecter le mode de désignation ». Elle a également affirmé ne pas détenir l’arrêt qui « notifie les raisons de poursuites » de leur cliente, en pointant du doigt le parquet général.

L’accusation a donc demandé un report afin d' »apporter des réponses aux préoccupations des avocats ».

Par ailleurs, dans le procès des disparus du Novotel également ouvert ce mardi à Abidjan et lié à la crise postélectorale, les débats se sont ouverts en présence des 10 accusés, dont deux civiles et huit militaires qui ont désormais chacun un avocat.

Selon l’acte d’accusation, cinq des dix accusés, dont le général Brunot Dogbo Blé qui commandait à l’époque la Garde républicaine, sont poursuivis pour « séquestration et assassinat », les autres pour enlèvement » et/ou « disparition de cadavres ».

Stéphane Frantz Di Rippel, directeur du Novotel, Yves Lambelin, directeur général de Sifca, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien ChelliahPandian, directeur général d’une filiale de Sifca, avaient été enlevés le 4 avril 2011 à l’hôtel Novotel, avant d’être assassinés.

Selon le gouvernement d’Alassane Ouattara, les quatre hommes ont été emmenés au palais présidentiel torturés et tués. Deux corps avaient été retrouvés fin mai 2011 dans la lagune près d’Abidjan, mais seul le cadavre d’Yves Lambelin avait pu être formellement identifié.

Les avocats de la défense contestent la compétence matérielle et territoriale de la cour d’assises du tribunal de Yopougon. « Il n’est pas contesté que les deux civiles étaient assimilés à des militaires au moment des faits, c’est donc un tribunal militaire qui devrait les juger. De plus l’affaire ayant été instruite au tribunal du plateau c’est à ce tribunal qu’il revient de juger les prévenus » a plaidé Me Gohi Bi, l’un des avocats du général Dogbo Blé Bruno.

La cour présidée par le juge Mouroulaye Cissoko a renvoyé l’affaire à ce mercredi pour se prononcer sur sa compétence.

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