Soudan : Le président Salva Kiir accusé de « nettoyage ethnique »

Le lieutenant-général sud-soudanais, Thomas Cirillo Swaka, numéro deux de la division logistique au sein de l’état-major de l’armée sud-soudanaise a démissionné en accusant le président Salva Kiir de mener un « nettoyage ethnique » dans ce pays en guerre civile depuis son indépendance en 2011.

Le général Swaka membre de l’ethnie bari, réputé influent et respecté par les partenaires étrangers du Soudan du Sud, a affirmé dans sa lettre de démission, avoir « perdu patience vis-à-vis de la conduite du président et commandant en chef du chef d’état-major et d’autres officiers supérieurs ».

Selon lui, Salva Kiir et ses officiers de la SPLA, l’armée gouvernementale, agissent à contre-courant de l’accord de paix signé en août 2015, et s’activent plutôt « à mettre en œuvre l’agenda » d’un Conseil d’aînés de l’ethnie dinka (l’ethnie du président Kiir), à savoir le « nettoyage ethnique », le « déplacement forcé de population » et la « domination ethnique ».

Le lieutenant-général Cirillo parle même de crimes contre l’humanité commis par l’armée gouvernementale, transformée peu à peu en une armée « tribale » dinka par le président et son entourage.

L’armée sud-soudanaise aurait participé, selon Swaka, à « des tueries systématiques, des viols de femmes et des incendies de villages, prétendant poursuivre des rebelles dans des villages pacifiques » à travers le pays.

Dans sa lettre, il révèle également «une politique d’occupation des terres » et de « biens des autres gens ».

Des révélations qui rejoignent  celles des experts de l’ONU qui rapportaient début décembre, qu’un « nettoyage ethnique » était en cours dans plusieurs régions du Soudan du sud, pointant du doigt les exactions des soldats gouvernementaux.

Après sa séparation du Soudan en 2011, le Soudan du Sud est plongé depuis décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12.000 Casques bleus.

Cette guerre oppose principalement les troupes du président Kiir aux hommes de l’ancien vice-président, Riek Machar, issu de l’ethnie nuer.

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