Retour des velléités de sécession sur fond de pré-campagne électorale au Cameroun

camerounLes deux régions anglophones du Cameroun, bastions traditionnels de l’opposition, connaissent depuis plusieurs jours des violences. Des activistes y prônent la partition du pays et dénoncent leur marginalisation sur fond de pré-campagne électorale avant la présidentielle de 2018.
En fin de semaine dernière, de jeunes manifestants ont brûlé à Bamenda (nord-ouest) le drapeau du Cameroun avant de hisser à sa place, celui d’un mouvement séparatiste qui se bat pour la sécession depuis des années.
Auparavant, de violents heurts avaient opposé ces jeunes aux forces de l’ordre, occasionnant la mort de deux personnes, selon les autorités, quatre d’après le Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition. Un commissariat a aussi été incendié.
Bamenda, le chef-lieu de l’une des deux régions anglophones du pays, est depuis plusieurs jours l’épicentre d’une crise, avec la minorité anglophone qui se dit marginalisée par le régime du président Paul Biya à la tête du pays depuis 34 ans.
En plus de Bamenda, Buea, chef-lieu du Sud-Ouest, la deuxième région anglophone, et une autre ville de cette région, Kumba, sont touchées par la contestation.
Cette crise que connaît le pays tire ses origines d’une grève des avocats qui demandaient l’application de la « Common law », système juridique anglosaxon. Cette grève avait été suivie de celle des enseignants, et au fil des jours, les revendications ont pris un caractère politique.
Si une minorité réclame la création d’un Etat indépendant baptisé Southern Cameroon comme on appelait le Cameroun anglophone par le passé avant d’être rattaché à la partie francophone lors de la réunification, les modérés, qui semblent majoritaires, penchent pour le fédéralisme.
Mais le régime de Yaoundé n’est favorable à aucune de ses options. « Nous disons haut et fort que la revendication portant sur le retour au fédéralisme est irrecevable. C’est l’unité qui fait la force de notre pays », martèle le Premier ministre, Philémon Yang, lui-même anglophone.
Au Cameroun moins de 20% de la population camerounaise estimée à plus de 22 millions est anglophone, et l’idée de sécession est récurrente depuis les années 90, avant chaque échéance électorale majeure.

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