Putsch manqué du RSP: les avocats de Djibrill Bassolé contestent une décision de la justice militaire

bassoleLe collectif d’avocats qui défend Djibrill Bassolé, l’ex-chef de la diplomatie de Blaise Compaoré, pour son implication présumée dans le putsch manqué du 17 septembre au Burkina Faso, a contesté la décision du tribunal militaire qui a exclu les avocats étrangers de l’affaire.

Les avocats dénoncent dans une déclaration cette mesure qui selon eux, témoigne d’un « raidissement de l’autorité judiciaire et au-delà, malheureusement, d’une volonté politique d’essayer d’éviter un regard international ».

La décision d’irrecevabilité de la constitution d’avocats étrangers devant le tribunal militaire « est sans précédent car depuis qu’ont été nouées entre les pays d’Afrique francophone et la France des conventions bilatérales, jamais une décision n’avait été prise par un magistrat instructeur en violation de ces conventions », expliquent les six avocats dont quatre sont inscrits aux barreaux de Niamey, Paris, Lomé et Dakar.

Les défenseurs de Bassolé estiment aussi que la décision du tribunal est une « grave violation » du règlement des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sur la libre circulation et à l’établissement des avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace communautaire.

Selon le Code de justice militaire du Burkina Faso « les avocats de nationalité étrangère ne sont pas admis devant les tribunaux militaires, sous réserves des dispositions particulières prévues par les conventions internationales ».

Djibril Bassolé a été interpellé à son domicile le 29 septembre dernier après l’échec du putsch du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne du président Compaoré chassé du pouvoir par la rue l’an dernier alors qu’il tentait de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir.

Il a été inculpé de six chefs d’accusation dont « haute trahison », « attentat à la sûreté de l’Etat » ou « collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.