Le gouvernement sud-soudanais n’a pas paraphé l’accord de paix à Addis-Abeba

addis-abeba-accordLes belligérants de la guerre civile au Soudan du Sud ne sont pas parvenus à un accord de paix total lundi, à Addis­ Abeba en Ethiopie, le gouvernement de Juba n’ayant pas signé le document malgré un ultimatum de la communauté internationale, selon la médiation.

Le secrétaire-général du SPLM, parti au pouvoir au Soudan du Sud, Pagam Amum et l’ancien vice-président, Riek Machar, chef des rebelles qui affrontent l’armée sud-soudanaise, ont signé un document qualifié par la médiation d’accord de paix, mais le gouvernement a émis des réserves et n’y a pas apposé sa signature.

Avant la signature du document Amum et Machar avaient serré publiquement la main de Salva Kiir qui était également présent dans la salle, ce qui a laissé l’impression chez l’assistance qu’un accord de paix allait être enfin signé.

«La cérémonie de signature n’est pas complète sans la signature du gouvernement », a regretté le chef de la médiation, Seyoum Mesfin, arguant que les autorités de Juba, ont émis certaines réserves et ont décidé de repartir dans leur pays pour poursuivre les consultations avec les chefs de la rébellion.

« Le président reviendra d’ici 15 jours à Addis-Abeba pour parachever l’accord de paix », a-t-il assuré, sans autre détail, en présence de la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, du Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn et du président kényan, Uhuru Kenyatta.

Mesfin, chef de la médiation conduite depuis janvier 2014 par l’organisation sous-régionale IGAD, a cependant salué un grand jour dans la progression du processus de paix au Soudan du Sud. Le gouvernement travaille désormais à la paix et a été partie prenante à cet accord de paix, a-t-il souligné.

La communauté internationale avait donné jusqu’à lundi 17 août 2015, aux parties pour parvenir à un accord de paix, menaçant plus ou moins directement Kiir et Machar de sanctions ciblées.

Outre Hailemariam, hôte des discussions, et Kenyatta, les présidents, djiboutien, Ismail Omar Guelleh, ougandais, Yoweri Museveni et soudanais Omar El-Béchir, membres de l’IGAD, avaient également fait le déplacement d’Addis-Abeba dimanche soir, mais avaient quitté la capitale éthiopienne lundi dans la journée.

Les négociations entre les camps Kiir et Machar n’ont jusqu’ici abouti qu’à la signature d’une série d’accords de cessez-le-feu qui n’ont cependant jamais été respectés.

Le Soudan du Sud, le plus jeune Etat du monde, a proclamé son indépendance en juillet 2011 après 30 ans de conflit contre Khartoum. Il a replongé dans la guerre en décembre 2013, quand des combats ont éclaté à Juba, avant de se propager à l’intérieur du pays, au sein de l’armée sud-soudanaise, minée par les dissensions politico-ethniques, sur fond de rivalité entre Kiir et Machar, à la tête du SPLM.

Les observateurs estiment que le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, dont de très nombreux civils. Quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais ont été chassés de chez eux par les combats qui s’accompagnent de massacres à caractère ethnique et de multiples atrocités.

Ce lundi l’ONU a annoncé que près de 200.000 civils sud-soudanais étaient réfugiés dans ses bases, craignant des risques de maladies et de famines.

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