Burundi : Le vice-président de la Cour constitutionnelle fuit le pays sous la menace des pressions

Le vice-président de la Cour constitutionnelle du Burundi, a fui depuis lundi le Burundi pour se réfugier à l’étranger. Alors que la Cour a été saisie la semaine dernière pour se prononcer sur la légalité d’un nouveau mandat du président Pierre Nkurunziza, Sylvère Nimpagaritse, le vice-président de la Cour constitutionnelle, a préféré prendre la fuite pour dit-il, ne pas céder aux pressions exercées sur la Cour afin qu’elle valide cette candidature du président Nkurunziza à un troisième mandant pour l’élection présidentielle de juin.

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A en croire, Sylvère Nimpagariste, les juges de la Cour ont été menacés par de hauts responsables de signer un arrêt imposé de l’extérieur, validant la candidature du président sortant. Il a confié d’ailleurs à la presse qu’une majorité des sept juges de la Cour estimaient inconstitutionnelle la candidature de M. Nkurunziza, mais que ceux-ci avaient subi d’énormes pressions et même des menaces de mort pour changer d’avis. « En mon âme et conscience, j’ai décidé de ne pas apposer ma signature sur une décision qui est imposée de l’extérieur, qui n’a rien de juridique », a-t-il affirmé.

Sylvère Nimpagriste, assure que depuis deux à trois jours il est traqué. Dans un entretien accordé à RFI, le vice-président de la Cour constitutionnelle a déclaré avoir peur de sa vie et de celle de sa famille. Il s’enfuit, a quelques jours de la date à laquelle la commission électorale doit publier la liste des candidats à la présidentielle de juin. Cette publication est prévue pour le samedi 09 mai, et elle doit se faire bien après la décision de la Cour constitutionnelle sur le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Et, au lieu de participer à la décision finale de la Cour, M. Nimpagriste, a choisi de dénoncer un arrêt « qui risque de plonger ce pays dans le chaos », a-t-il déclaré.

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La Cour constitutionnelle du Burundi| Ph ©Iwacu

Lundi, les mouvements de protestations contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, ont repris de plus belle. Selon la Croix rouge, deux personnes ont été tuées par balles et 46 blessés ont été internés dans les hôpitaux. Les manifestations anti troisième mandat de Nkurunziza, ont débuté le 26 avril 2015 au lendemain de l’annonce du parti au pouvoir ; le Cndd de porter Pierre Nkurunziza comme candidat à l’élection présidentielle de juin. Elles ont été initiées par l’opposition et la société civile.

Les opposants à cette candidature estiment qu’elle est contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha de 2000 qui a ouvert la voie à la fin de la guerre civile burundaise (1993-2006) et a posé les bases des actuelles institutions.

Le 29 avril 2015, le Sénat burundais, contrôlé par le Cndd-FDD de M. Nkuruniza, a saisi  la Cour constitutionnelle de statuer sur la question de la légalité d’un nouveau mandat du président sortant. Depuis lors les violences n’ont pas cessé au Burundi, et ont parle déjà d’un bilan de 12 personnes tuées par balles par la police, 60 blessés et plus de 600 arrestations.

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