L’ONU étudie des sanctions contre des trafiquants de migrants opérant en Libye

Le Conseil de sécurité des Nations Unies «étudie» des sanctions contre six chefs de réseaux de trafiquants de migrants actifs en Libye, un processus qui serait une première pour l’ONU mais qui reste dépendant d’une décision de la Russie, a révélé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, lors d’une réunion consacrée à la Libye.

«Nous regrettons que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure de trouver un consensus sur la désignation» des individus concernés, a déploré l’ambassadrice américaine à l’ONU, en référence à  Moscou qui a réclamé un partage des «preuves abondantes» évoquées en provenance de «sources de confiance» qui accusent ces six individus.

Proposées par les Pays-Bas, les sanctions -gel de comptes bancaires, interdiction de voyager- visent deux Erythréens, Ermias Ghermay et Fitiwi Abdelrazak, ainsi que quatre Libyens, Ahmad Oumar al-Dabbashi, Musab Abu-Qarin, Mohammed Kachlaf et Abd al Rahman al-Milad, le chef d’une unité de garde-côtes.

« Il y a un soutien régional fort pour ces désignations. Et les preuves montrant l’implication de ces six personnes sont claires », a précisé la diplomate américaine, espérant un accord rapide pour « dissuader » les trafiquants de migrants.

Cependant, la Russie voudrait savoir en quoi « le problème va être résolu sans s’attaquer (aussi) aux criminels des pays d’origine et de destination », notant que des documents parlent de réseaux « s’étendant à plusieurs pays européens et aux Etats-Unis ».

Elle souhaite également que la Libye, pays de transit, soit associée au processus de désignation des personnes visées, jugeant que les accusations à leur encontre sont davantage de nature criminelle que liées à des violations des droits de l’homme.

Fin 2017, un documentaire de la chaîne CNN montrant des migrants africains vendus en Libye comme des esclaves avait provoqué l’indignation internationale. En mars, la justice libyenne avait annoncé l’émission de plus de 200 mandats d’arrêt contre des trafiquants libyens et étrangers impliqués dans un réseau d’immigration clandestine vers l’Europe.

Dans un document confidentiel remis début février au Conseil de sécurité, des experts de l’ONU avaient estimé que le trafic d’êtres humains était en augmentation en Libye.

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