Au Burundi, la réforme constitutionnelle adoptée sans surprise

Les Burundais ont largement approuvé par référendum une réforme de la Constitution qui peut permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu’en 2034, a annoncé ce lundi la Commission électorale (Ceni).

Selon des résultats provisoires annoncés lundi, le oui en faveur de cette révision constitutionnelle a obtenu 73,2% des voix, contre 19,3% au non, 3,3% abstentions et 4,1% de bulletins nuls, a indiqué le président de la Ceni, Pierre-Claver Ndayicariye, ajoutant que le taux de participation a atteint les 96,4%.

La Ceni n’avait pas encore communiqué les résultats officiels quand les tenants du « non » condamnaient déjà la pression mise par les partisans du pouvoir sur les électeurs pour qu’ils votent en faveur de cette réforme.

La coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (Espoir des Burundais) a annoncé samedi qu’elle ne reconnaissait pas les résultats du référendum constitutionnel de jeudi.

«Le processus électoral n’a été ni libre, ni transparent, ni indépendant, encore moins démocratique », a déclaré dans un communiqué Agathon Rwasa, le chef d’Amizero, disant « rejeter les résultats fantaisistes pouvant être proclamés à l’issue de ce supposé scrutin ».

D’après la coalition, plusieurs de ses militants ont été forcés à voter oui par des Imbonerakure, la ligue de jeunesse du CNDD-FDD, qualifiée de milice par l’ONU et qui fait régner la terreur parmi la population.

Amizero, qui appelait à voter non, affirme également que quatre de ses mandataires chargés de surveiller le déroulement du scrutin ont été enlevés, que d’autres ont été chassés des bureaux, ont été menacés ou ont été emprisonnés.

La nouvelle Constitution autorise le président Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, à briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020. En plus, les principaux piliers de la Constitution, issue de l’Accord de paix d’Arusha (2000), censé assurer l’équilibre du pouvoir entre les deux principales ethnies, les Hutu et les Tutsi, sont profondément remaniés.

Le nouveau texte ne revient pas sur la question extrêmement sensible des quotas ethniques contenus dans la Constitution actuelle, qui prévoit que le gouvernement et le Parlement doivent être composés à 60% de Hutu et 40% de Tutsi.

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