Le chef des indépendantistes du Biafra toujours absent à son procès

Nnamdi Kanu, le leader indépendantiste pro-Biafra poursuivi pour «trahison et atteinte à la sécurité de l’Etat», était encore absent à son procès qui devait reprendre ce mardi au tribunal d’Abuja, la capitale du Nigeria.

Le chef du Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB) réclame la sécession de cette région du sud-est du Nigeria à majorité igbo, théâtre d’une guerre civile pour l’indépendance qui a fait un million de morts entre 1967 et 1970.

Son avocat, Ifeanyi Ejiofor a affirmé mardi qu’il se trouvait toujours entre les mains des autorités, mais le tribunal a rejeté ces allégations faute de preuves, convoquant au contraire les trois personnes qui se sont portées caution pour Kanu le 28 mars pour s’expliquer sur son absence.

La Cour a également ordonné que le leader indépendantiste devant comparaître avec trois autres inculpés, qui eux étaient présents, soit jugé séparément pour ne pas entraver leur procès.

Les autorités locales «devraient être le mieux placées pour expliquer au tribunal où il se trouve (…) parce que Nnamdi Kanu ne s’est jamais dérobé à la justice et à aucun moment il n’a manifesté la volonté de ne pas se présenter à son procès », a expliqué Me Ejiofor.

Le leader du Mouvement indépendantiste, qui exprime le sentiment d’exclusion de la population de l’ex-Biafra, dirigeait la Radio Biafra basée à Londres, avant d’être incarcéré en octobre 2015 suite à des violences entre partisans de l’IPOB et les forces de l’ordre. Il avait passé un an et demi en détention, avant d’obtenir la liberté provisoire en avril 2017.

En échange de cette liberté sous caution, la justice lui avait interdit de parler aux médias ou de participer à des rassemblements de 10 personnes. Mais depuis cette date, Kanu n’avait pas cessé d’haranguer les foules et d’accorder des interviews à la presse locale et internationale, appelant même à la tenue d’un référendum d’autodétermination et au boycottage de toutes les autres élections à venir.

Il a disparu le 14 septembre dernier, lorsque sa maison à Umuahia (sud-est), a été attaquée par l’armée, selon sa famille et son avocat, qui accusent l’armée de le détenir en secret, mais celle-ci a démenti ces accusations.

Son épouse a déclaré lundi que le retour de son mari doit être la «priorité numéro 1» des autorités nigérianes, au risque d’un boycott massif des prochaines élections.

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