Soudan du Sud : le président Kiir signe l’accord de paix

kkiiir-signatureLe président sud-soudanais Salva Kiir a finalement signé mercredi l’accord de paix, tout en exprimant de sérieuses réserves sur plusieurs dispositions. L’accord, déjà ratifié par les rebelles, visait à mettre fin à 20 mois de guerre civile au Soudan du Sud.

« La paix que nous signons aujourd’hui contient tellement de choses que nous devons rejeter. Ignorer de telles réserves ne serait pas dans l’intérêt d’une paix juste et durable », a lancé Salva Kiir, avant de signer le document devant les dirigeants de la région.

Dénonçant des dispositions néfastes de l’accord, M. Kiir a remis aux médiateurs et aux dirigeants de la région un document de 12 pages contenant les réserves de son gouvernement. Il n’a pas précisé sur quels points portaient les réserves, mais assuré que celles-ci seraient publiées incessamment.

Mais selon des responsables sud-soudanais, la démilitarisation de Juba ou la large représentation accordée aux rebelles dans le cadre du partage du pouvoir local dans l’Etat pétrolier du Haut-Nil posent notamment problème.

« Cet accord n’est ni la Bible, ni le Coran, pourquoi ne pourrait-il pas être réexaminé? », s’est interrogé Salava Kiir. Il a demandé par la suite aux médiateurs de lui donner du temps pour voir comment on peut corriger ces choses, bien que les médiateurs eurent affirmé que l’accord était définitif et non modifiable.

Cet Accord de résolution du conflit au Soudan du Sud a été signé le 17 août à Addis Abeba par l’ancien vice-président Riek Machar, chef des rebelles qui affrontent les forces gouvernementales depuis décembre 2013.

M.Kiir avait refusé de faire de même ce jour-là et réclamé 15 jours pour des consultations. Le chef des négociateurs, le ministre de l’Information Michael Makuei, avait qualifié l’accord de capitulation inacceptable.

Le président sud soudanais a également dénoncé les messages d’intimidation à son encontre, faisant référence aux menaces de sanctions agitées par la communauté internationale.

Excédée par le manque de résultats d’interminables négociations à Addis Abeba, n’ayant accouché que d’une série de cessez-le-feu jamais respectés, la communauté internationale avait donné jusqu’au 17 août à MM. Kiir et Machar pour conclure un accord, sous peine de sanctions ciblées.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’était dit prêt mardi soir à agir immédiatement si M. Kiir ne signait pas intégralement l’accord.

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