Les dessous du dialogue stratégique entre Rabat et Washington

Le Maroc et les Etats-Unis ont donné une nouvelle impulsion à leurs relations bilatérales par l’ouverture d’un dialogue stratégique ce jeudi. Cette démarche dénote, selon les observateurs, du grand intérêt qu’accorde au Royaume chérifien l’administration américaine dans sa politique en Afrique du Nord et dans la région voisine du Sahel. Cet intérêt s’expliquerait aussi, précise un spécialiste américain des questions sécuritaires, par les derniers évènements survenus sur lissus du « printemps arabe ». Les Américains et les occidentaux s’inquiètent aussi de l’ampleur que prennent les réseaux terroristes proches d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) , ainsi que le phénomène des prises d’otages, des demandes de rançons et la prolifération des armes de guerre libyennes après la chute du régime de Kadhafi.
C’est dans ce cadre que se situe la première session d’un dialogue stratégique entre les deux pays, inaugurée ce jeudi à Washington, par la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton et le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération, Saad Dine El Otmani.
Si du côté américain c’est le volet sécuritaire et stratégique qui prime le plus, pour le Maroc, la tenue de ce dialogue représente une importance capitale dans ses rapports avec son partenaire américain, puisqu’il s’étend à la fois aux questions stratégiques, politiques et sécuritaires comme il couvre les domaines économique et culturel.
Pour les locataires de la Maison blanche, relève l’expert américain, beaucoup d’intérêts stratégiques et économiques des Etats-Unis et des autres pays membres de l’Otan sont actuellement en jeu dans cette région. Il fallait donc trouver un allié stratégique sûr pour les aider à préserver ces intérêts. Dans l’état actuel des choses, les Américains ne pouvaient mieux choisir que le royaume chérifien qui est déjà l’un des rares pays auquel Washington avait attribué le statut d’allié majeur des Etats Unis hors OTAN. Le Maroc est également lié depuis 2006, avec les Etats-Unis par un Accord de Libre Echange (ALE), le premier du genre à être conclu avec un pays africain.
Donc, le timing de ce dialogue stratégique n’est donc pas du au hasard, mais il est dicté par la force des événements et la volonté des dirigeants des deux pays de passer à une vitesse supérieure dans leur partenariat. Ceci intervient également, par un concours de circonstances, quelques jours après l’attentat meurtrier de Benghazi qui a coûté la vie à l’ambassadeur US en Libye. Perçu comme un pivot de stabilité dans un Maghreb perturbé, le Maroc se positionne comme un acteur central d’une politique américaine rénovée en Afrique du Nord, plus inclusive et moins intrusive.

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