Publié Le : jeu, Nov 15th, 2018

Au Maroc, la famille de l’opposant Ben Barka s’en remet à Macron et Mohammed VI

La famille du défunt opposant socialiste marocain, Mehdi Ben Barka, disparu en 1965 à Paris, a demandé ce mercredi au roi du Maroc Mohammed VI et au président français Emmanuel Macron à l’occasion de sa visite dans le Royaume, d’aider à élucider les circonstances de la disparition de Mehdi Ben Barka.

«Les circonstances de sa mort ne sont toujours pas élucidées, sa sépulture nous est toujours inconnue (…). Pour ma mère et ses enfants, cette situation est humainement insupportable », a écrit son fils, Bachir Ben Barka, à la veille de la visite ce jeudi, du président français au Maroc, où il doit inaugurer avec le Roi Mohammed VI la ligne à grande vitesse entre Tanger et Casablanca.

Le fils de l’opposant assure qu’eux seuls sont capables « de faire les gestes adéquats et prendre les décisions nécessaires qui feront que cette affaire sorte de l’impasse dans laquelle elle s’embourbe».

Figure de proue du mouvement nationaliste marocain, Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris lors d’une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français.

Son corps n’a jamais été retrouvé jusqu’à ce jour et sa famille s’interroge toujours sur son sort, sur l’identité de ses assassins, sur les responsabilités exactes de la France et du Maroc ou même d’Israël et des Etats-Unis dans cette affaire.

L’enquête sur la disparition de l’opposant marocain, la plus ancienne instruction en France, court depuis 1975. Des commissions rogatoires internationales ont été délivrées par la France sans succès.

L’avocat français de la famille Ben Barka, Maurice Buttin demande à la France qu’elle «communique l’ensemble des dossiers de la DGSE » -les services secrets- concernant l’affaire et que le Maroc exécute les commissions rogatoires lancées par la France. Il a en outre déclaré, qu’«on espère qu’un jour, à force de rappeler l’affaire, cela paiera».

Dans une réponse à une lettre que l’avocat lui a récemment envoyée, le président français a indiqué que le ministère des Affaires étrangères allait le convoquer. Cela avait déjà été fait en 2008 sous l’ancien président Nicolas Sarkozy, sans effet, a précisé Me Buttin.

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