Publié Le : lun, Mai 14th, 2018

Afrique du Sud : Le gouvernement va diriger une province secouée par des violences

Le Parlement sud-africain a annoncé la prise de contrôle par le gouvernement d’une province où des cas de corruption présumée ont déclenché de violentes manifestations et forcé le président Cyril Ramaphosa à écourter sa participation à un sommet du Commonwealth à Londres.

Des affrontements ont opposé la semaine dernière manifestants et forces de l’ordre dans la ville de Mahikeng, chef-lieu de la province sud-africaine du Nord-Ouest. Des manifestations avaient éclaté au mois d’avril dans cette province pour protester contre le manque de services publics et dénoncer la corruption.

Les protestataires exigeaient notamment la démission du Premier ministre de la province, Supra Mahumapelo, un allié de l’ancien président Jacob Zuma qui a été lui-même contraint de démissionner en février sur fond de scandales financiers.

«Notre jeune démocratie a été prise en otage par une clique égoïste déterminée à accumuler le plus de richesses possible, tandis que la majorité de la population est sans emploi », avait dénoncé le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), au début des manifestations.

Selon l’opposition, les accusations contre Supra Mahumapelo sont «multiples», citant l’attribution récente d’une bourse universitaire de 1 million de rands (près de 70.000 euros) au fils du Premier ministre de la province, «l’effondrement du système de santé» et l’achat de bétail pour un million de rands destiné à Jacob Zuma.

Mahumalepo, qui a affirmé qu’une conspiration avait été orchestrée contre lui pour le pousser à la démission, a nommé un de ses anciens proches alliés pour exercer ses fonctions.

Dimanche, le Parlement a annoncé que le président Ramaphosa qui a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités , avait notifié sa décision de prendre le contrôle de l’administration de la province du Nord-Ouest pour répondre «aux défis» auxquels il doit faire face.

Près d’un quart de siècle après la fin officielle du régime d’apartheid, la société sud-africaine reste extrêmement inégalitaire. Les brusques flambées de violence urbaine, désignées sous le nom d’ «émeutes pour l’amélioration des services publics», sont quasi quotidiennes en Afrique du Sud.

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